LE GODILLOT (Ingénieur à l'Ecole)
Maigre, mais bien sanglé dans
une redingote,
Tout le temps affairé, compulsant quelque note;
Toujours franc, jovial, avec que
tout le monde,
Aux ateliers, souvent, il vient faire la ronde,
Cause avec les Gadzarts, faisant des jeux de mots.
Toujours de bonne humeur, voilà le Godillot.
LA
FUSANCE (Air : Les Allobroges)
I
Nous te quittons, ô maudite
Cayenne,
Là-bas, là-bas, l'ivresse nous attend;
Auprès de toi, nous laissons notre haine;
En vrais Gadzarts nous partons en chantant.
Nous presserons bientôt de nos maîtresse
La taille svelte et les seins palpitants.
Que de baisers et combien de caresses
Ramèneront (bis) pour nous le doux printemps.
II
Voyez là-bas le tournoiement des flammes
Du punch brûlant; le beau soleil nouveau
Qui va bientôt incendier nos âmes,
Première ivresse au sortir du tombeau.
Allons amis, que nos chansons s'égrènent
Et que gaiement on célèbre Bachus.
De liberté que nos âmes s'éprennent;
Pour nous Gadzarts (bis), c'est la fin du blocus.
III
L'aile du soir, là-bas, dans ma patrie,
De clous d'argent rive l'azur des cieux;
Bien loin encore, mainte fille s'écrie :
"Reviendra-t-il mon Gadzarts si joyeux."
Ah ! oui, chère, tu me reverras libre :
Beau cupidon, je suis à tes genoux.
Buvons, aimons; il faut aimer pour vivre.
Et de ces biens (bis), joyeux, enivrons-nous.
Refrain
Rognac (1), voilà Rognac !
Versez, versez encore
De ce punch généreux
Qui rend les cours joyeux,
Qui flambe dans les airs
Et colore l'espace
De ses reflets divins. (bis)
(1) Rognac est la gare d'embranchement de la ligne Marseille-Aix,
sur la ligne Marseille-Valence. La chanson étant supposée
chantée dans le train, c'est l'exclamation à l'arrivée
dans cette gare; que d'ailleurs on répète pour
toutes les autres directions et toutes les autres gares.
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COUPLET DES DISPENSES (Air: Un bal chez le ministre)
I
Lorsque le Gadzarts a envie
D'égayer un peu la vie
Qu'il mène continuellement
En bûchant constamment,
Et lorsque le travail l'embête,
Il rumine dans sa tête
Un bon petit projet
Et loupe l'atelier.
Disposant
Savamment
Des bandelettes,
Pour un rien
A la main
Ou à
la tête,
Très
roublard,
Le Gadzarts,
Après
une fête,
L'air vanné,
Ereinté,
Va s'faire dispenser.
Refrain
Devant le chancelier il exhibe
sa blessure,
Prend
un air à faire pitié,
Une
figure de papier mâché;
Et dépensant son astuce sans mesure,
Il
arrive fréquemment
A
le mettre dedans.
Nous
avons bien travaillé,
Nous
v'la dispensé.
II
Sans même être en marmelade,
Si vous êtes assez malade
Pour essayer de tirer
La dispense d'atelier,
Que ce soit pour une colique,
Un mal de tête, ça s'explique;
Ou même plus rarement
Une simple rage de dents.
Cors
au pied,
Ner
foulé
Ou
simple engelure,
Mal
de reins,
Coup
de poing,
Sur
la figure,
Le
roublard,
D'un
grattoir
Aide
la nature;
Trop
content,
Si
ça prend,
D'flaquer
un moment.
Refrain
Et voilà comment, sans se faire trop de bile,
Chacun de nous, de temps en temps,
Se paye ce petit agrément.
Pendant un jour, on est enfin tranquille,
Plus de burins ni de marteaux,
Un jour de repos.
Comme dans l'axe, ça vous remet
D'être dispensé !
Extrait de 'Gadz'Arts' de Paul
Gélineau - 1910
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