Documents / L'Ecole d'Arts et Métiers d'Angers en 1897 (1/2) / > suite
 

"A l'approche des examens, la bibliothèque est, à bon droit, envahie; il s'agit d'obtenir un bon rang au concours; et comme cette heure supplémentaire ne suffit pas, il en est qui, trompant la surveillance de l'adjudant, vont, la nuit venue, travailler au lavabo, tandis que d'autres ayant fabriqué un porte-bougie avec un fil de fer, la flamme protégée par un morceau de carton, repassent telle ou telle question, dans leur lit."

Enfin, voici les examens passés; il s'agit de célébrer dignement cet évènement; plus d'études, plus de cours, plus de séances à l'atelier, pendant deux mois ! A l'unanimité, l'"enterrement de la Mécan's " est décrété.
La cour des Cloîtres est le théatre de cette fête annuelle. Ses arbres, ses fenêtres sont ornés de centaines de lanternes vénitiennes; le toit même de la vieille chapelle en est paré. Le soir venu, l'illumination faite, la fanfare joue ses quadrilles les plus endiablés, tandis que les "Loups et Ours", "Crochus et Bret's" fraternisent entre-eux et dansent la "cannibale" ou la "zim zim"(...).
Puis le cortège s'avance. L'ingéniosité des plus adroits ajusteurs en a constitué les divers éléments; chaque année, les dernières découvertes de la science viennent y apporter la note nouvelle. Voici le corbillard de la Mécan's; aucune fleur ne le pare; on le suit en chantant; voici un tramway électrique, avec trolleys, s'il vous plaît, mécanicien, voyageurs, et même réclame pour le fameux guignolet X, la gloire d'Angers. Après lui, s'avance un éléphant, une tour Eiffel, une forge, un moulin à vent, etc. Quand le cortège a ainsi longtemps circulé à travers les cours de l'école, on fait un bûcher de tous ces ingénieux appareils, on place au milieu le corbillard de la Mécan's et on y met le feu, tandis qu' une ronde de trois cents gaillards de quinze à dix-huit ans, chante et se trémousse autour de cet autodafé.
C'est la jeunesse, la jeunesse éternelle, qui reprend ses droits, après tant de longs mois de contrainte volontaires !"

Jean Roseyro - L'Illustration 16 Octobre 1897

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