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"J'ai eu l'occasion d'assister à
une coulée de fonte à l'école Nationale des
Arts et Métiers de Châlons sur Marne.
Dans un grand cubilot la fonte est en fusion.
Un ouvrier appuie une longue barre de fer: un ringard, sur la
fonte durcie accumulée dans le trou par lequel la fonte
liquide doit sortir, c'est la carotte. Un autre avec un gros marteau
tape sur le ringard. Après une dizaine de coups un troisième
ouvrier vient remplacer celui qui tapait.
Au bout de deux ou trois manèges comme celui-ci la carotte
cède. On aperçoit par le trou un filet lumineux
qui arrive: c'est la fonte.
Ce métal fondu à 1300 grossit et glisse dans la
rigole, sorte de tuyau non recouvert, et coule dans la grande
poche d'acier garnie de terre réfractaire et suspendue
à un pont roulant. Cette rivière de feu s'épaissit
de plus en plus.
Dans l'atelier où règne une grande chaleur les ouvriers
ont le visage rouge et ruisselant. Le ruisseau de fonte s'amincit
encore, encore, et ... plus rien ne coule. Un ouvrier rebouche
le trou pendant que celui qui manoeuvre le pont roulant, dirige
la poche plaine de fonte vers les moules qui doivent recevoir
le métal."
jeannie-Claude Bonnetain (11 ans)
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