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GUINIER
Henri - Châlons 1883
"En mai 1943, dans une galerie
de l'avenue de l'Opéra, a lieu le vernissage d'une
exposition rétrospective des uvres d'Henri
Guinier, disparu prématurément en 1927. Une
foule d'artistes, de parents, d'amis et d'ingénieurs
Arts et Métiers s'y presse pour y admirer les tableaux.
Henri Guinier, né le 20 novembre 1867, entre à
l'École des Arts et Métiers de Châlons
en 1883, en même temps que son frère jumeau
Edouard, tous deux fils de Simon (Ch. 1836) et neveux de
Nicolas (Ch. 1838). Ainsi, Henri Guinier avait, par sa famille
et par sa formation, de fortes et affectueuses attaches
avec les hommes de l'industrie.
Dès sa sortie de Châlons
en 1886, il va s'appliquer à développer ses
dons artistiques. Pour cela, après l'académie
Julian, il entre aux Beaux-Arts en 1887. Élève
de Jules Lefebvre et de Benjamin Constant, II monte en loge,
et participe au concours de Rome en 1893 et 1894. Il obtient
le second grand prix de Rome en 1896, à 29 ans. De
plus, la médaille d'or au Salon de 1898 le place
hors concours et, la même année, une bourse
de voyage affirme sa maîtrise. Sa carrière
est brillante et rapide.
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[L'automne]
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À l'Exposition universelle de 1900, il reçoit
une médaille d'argent et, en 1907 il devient lauréat
du prix Henner. Plus tard, en 1913, il est nommé
chevalier de la Légion d'honneur. À la même
époque, il devient membre du jury et membre de
la Société des artistes français.
Henri Guinier a exécuté de nombreux portraits
(...); plusieurs de ses uvres ont été
acquises par l'État et figurent dans des collections
des musées français et étrangers,
notamment au Luxembourg, Pologne et Chili. Parmi les uvres
présentées lors de l'exposition de 1943,
on retrouve un chef-d'uvre dans son parcours, présenté
à l'occasion du Salon de 1911, qui eut un grand
succès. Cette toile prestigieuse de 3,90 m x 2,80
m, " Un Pardon en Finistère ", où
l'on voit près de cinquante visages, est d'une
puissance d'expression, d'une vigueur et d'un coloris
magnifiques. Elle fut acquise par la Société
des anciens élèves. Et se trouve maintenant
dans le grand escalier de l'hôtel d'iéna
(...).
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PARMI LES UVRES D'HENRI GUINIER :
- Petite fille des champs (Salon 1893), musée
d'Amboise
- Automne (Salon 1895), palais du Luxembourg
- Jésus pleuré par les Saintes femmes
: deuxième grand prix de Rome (1896), musée
de Joigny
- Psyché et l'Amour (Salon 1897), musée
de Poitiers
- Chant du soir (Salon 1899), musée national
du Chili
- Amour chaste (Exposition de 1900), médaille
d'argent
- Pardon de Sainte-Anne (Salon 1902), musée de
Dijon
- Ophélie (Salon 1903), musée Vannier-Reins
- Femme pensive (Salon 1907), musée de Mulhouse
- Décorations, mairie de Neuilly (1909)
- La France victorieuse (1919)
- Bretonne au chapelet (1927), musée de Quimper
- Le vieux mendiant, musée du Luxembourg...
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[Portrait d'Ernest Marché]
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Dans les dernières années de sa vie, il s'intéresse
beaucoup au dessin, ne se contenant plus d'exprimer les jeux changeants
de la lumière, mais s'attachant à la précision
de la forme qu'il aime à ciseler (...). Henri Guinier,
entré dans le monde des artistes français, n'a jamais
oublié ses origines et reste, comme son frère, un
gadzarts militant. Il fut même l'auteur de la composition
allégorique pour la médaille décernée
aux sociétaires de l'époque.
Avec son fin et franc sourire, sa main amicalement ouverte, il
était toujours présent quand il le fallait. En 1915,
bien que dégagé de toute obligation militaire, il
ne peut se résoudre à l'inaction ; il part alors,
comme volontaire, au service de la Défense nationale dans
la section de camouflage, et contribue à la formation de
cette unité. En ce temps-là, sa santé est
bonne. Malheureusement, elle décline par suite d'une grave
imprudence qu'il commet poursuivant, dehors, à la campagne,
ses travaux de peinture. Il meurt en 1927 à soixante ans.
Grâce à la présence de ses uvres, les
gadzarts ne peuvent oublier ce camarade qui sut faire de l'art
un métier."
Jean Vuillemin, ingénieur Arts et
Métiers (Pa 40).
Extrait de 'Arts et Métiers Magazine'
- Décembre 2002.
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