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MAINDRON
Hippolyte - Angers 1816
Issu d'un milieu modeste, un ingénieur Arts et Métiers
devenu sculpteur va connaître un très grand succès
tout au long du XIX° siècle.
Au salon des Beaux-Arts de 1839, une statue de Velléda
obtient un succès considérable, et vaut à
son auteur une grande notoriété. Ce jeune sculpteur
presque inconnu, qui vient de présenter le modèle
en plâtre de son uvre et va alors recevoir de l'État
de nombreuses commandes, c'est Hippolyte Maindron.
Né à Champtoceaux (Maine-et-Loire) en 1801, II
n'a reçu qu'une instruction fort incomplète (
).
Il est contraint d'enter dans le commerce à onze ans,
et se retrouve commis dans une maison de Bourbon-Vendée.
Mais, déjà, ses dispositions pour le dessin se
manifestent d'une manière frappante, et il est admis
gracieusement à suivre tes leçons du collège
de la ville. Il obtient une bourse du département pour
entrer aux Arts et Métiers d'Angers, dont il sortira
en août 1823. Après un nouveau passage dans le
commerce, il revient comme surveillant à l'École,
de 1824 à 1826.
Ses dispositions évidentes pour la sculpture lui valent
une pension du département, pendant trois ans, de 500
F. Cela lui permet de se rendre à Paris et d'être
admis à l'École des Beaux-Arts en 1827 David d'Angers,
le grand statuaire, lui ouvre les portes de son atelier. Hippolyte
Maindron va l'aider dans l'exécution du fronton du Panthéon.
Il expose pour la première
fois au Salon de 1834, avec une statue d'un "Jeune
berger piqué par un serpent", dont le marbre
est maintenant visible au musée d'Angers. Cette uvre,
d'une exécution irréprochable, fut très
remarquée, et valut à son auteur un légitime
succès.
La "Velléda" présentée en
plâtre en 1839, puis en marbre en 1844, peut être
admirée au jardin du Luxembourg, côté
boulevard Saint-Michel. Cette uvre, inspirée
par le livre X des "Martyrs" de Chateaubriant,
est fidèle au portrait dressé par l'écrivain,
de cette druidesse gauloise, couronnée de feuilles
de chêne, et portant les accessoires rituels, la faucille
d'or et la lyre. La représentation de cette fière
guerrière, amoureuse et fragile dans sa méditation
inconsolable, défraie la chronique; la statue obtient
à l'époque un succès considérable
et vaut à l'artiste une grande notoriété
et de multiples commandes (
).
Parmi les très nombreuses uvres de Maindron,
il faut citer les deux groupes, commandés par l'État,
qui ont figuré sous le grand péristyle d'entrée
du Panthéon : "Attila et Sainte Geneviève"
(1857) et "La conversion de Clovis par saint Rémi"
(1865). Ces deux grands ensembles ont été
renvoyés aux réserves des musées lors
de dernière restauration du monument, et ne sont
donc plus visibles.
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Mais pour
les gadzarts, le plus beau titre de gloire de Maindron est
d'avoir réalisé la statue en pied du duc de
La Rochefoucauld, qui se trouve place de Liancourt. Commandé
à notre sculpteur conjointement par la ville de Liancourt
et la Société des anciens élèves
, pour honorer leur bienfaiteur, le modèle, d'une
hauteur de 2,80 mètres, a été coulé
en bronze aux Arts et Métiers d'Angers. La statue
a été moulée couchée, et coulée
d'un seul jet (900 kg). Son inauguration, le 26 octobre
1861, a été l'occasion d'une grande tête
à Liancourt, qui a rassemblé près de
quinze mille personnes. Elle devait évidemment se
trouver au centre des cérémonies du Centenaire
de l'École en 1880. Malheureusement, ce bronze original
fut "récupéré" par l'Occupant
en 1941. Grâce à de multiples, tenaces et généreuses
bonnes volontés, animées par l'ingénieur
Arts et Métiers Nicolas Monnier, grâce aussi
à des moulages soigneusement conservés, une
nouvelle statue a été remise en place le 24
juin 1951.
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À côté
de cette statue magistrale, Maindron a aussi exécuté
le buste du duc de La Rocheloucauld, puis celui de son fils, le
marquis Frédéric-Gaétan, à la demande
de la Société AM, en reconnaissance du don fait
en 1859 d'une rente annuelle et perpétuelle de 2 000 F.
Les deux bustes juste terminés furent dévoilés
et acclamés par les participants au banquet qui suivit
l'assemblée générale du 5 août 1860,
réunis dans "les vastes salons de Wepler à
Batignolles".
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Maindron
n'ayant voulu aucune rémunération pour la
travail artistique de retouche après les coulages,
l'un à Châlons, l'autre à Angers,
fut nommé par acclamation membre perpétuel
de la Société AM. Un deuxième exemplaire
du buste du marquis, réalisé grâce
à une souscription des sociétaires, leur
fut offert le 25 janvier 1861. De nombreuses copies ou
réductions en bronze ont été réalisées
par la suite, aux bons soins d'Auguste Gouge, établi
à Paris comme fabricant éditeur de bronzes
d'art, sa marque apparaissant à côté
de la signature de Maindron.
Le catalogue des uvres de Maindron est impressionnant,
et toutes ne sont pas dans les musées. Ainsi, à
l'église de La Madeleine, sous le portique latéral
de droite, se trouve une statue en pierre de 3,17 m de
haut : saint Grégoire de Valois (la douzième
en partant de la façade, mais masquée actuellement
par des travaux). (
)Citons aussi une "Vierge
à l'Enfant" offerte par l'auteur à
l'église de Champtoceaux, son pays natal.
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Médaillé plusieurs
fois, chevalier de la Légion d'honneur en 1874, Maindron
prit encore part au salon de 1880 et mourut à Paris
le 21 mars 1884. |
Extrait de l'article de Jean Vuillemin (Pa 40) parut dans Arts
et Métiers Magazine - Octobre 2001.
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