Dico d'argadz de Mister , d'après le 'dictionnaire des argots français' des éditions Larousse - 1956

P



P d'ep's : (n. m.) pas (apocope de compas) d'épaisseur (Cl 1910)

P.S. : (n. f.) privation de sortie (An 1910)

paillasson : (n. m.) cadet en ancienneté (dit aussi paillass'), viscrit pour l'ancien, conscrit pour le viscrit (An 1911, Li 1921, Cl 1929) ; étymologie : mot dédaigneux, signifiant "gadzart d'humeur encore instable" ; mais en 1911, l'appliquer au conscrit passe pour une usurpation du viscrit ; ce qui donna paillasse : (n. f.) ensemble des paillassons (An 1929)

panam's : (n. m.) képi (An 1875), casquette (An 1909), chapeau (1910), béret basque (1929) ; "Mère Panam's" : la chapelière de la rue Hoche à Angers (1908)

paner ou panner : (v. tr.) (1) chaparder, "me paner mon équerre!" (Ch 1893) ; (2) prendre en faute, "paner à bouquiner" (Ch 1893, An 1905) ; étymologie : du provençal "panar" qui signifie voler, attraper

panante : (n. f.) (1) chapardage (An 1903, Ch 1905) ; (2) fait d'être pris en faute, "tuss à la panante" (An 1903, Ch 1905) ; (3) punition (Cl 1910)

papa : (n. m.) directeur qui qualifie les élèves "ses enfants" (Ch 1869, An 1927)

pap's : (n. m.) papier (1856), "du pap'z-à-ch(iotte)" : du papier hygiènique, et le "papzach" : le diplôme d'ancien élève (1904)

parrain : (n. m.) ancien se choisissant un conscrit pour filleul (Ai 1908)

patin : (n. m.) joli garçon, "major patin" (Ai 1910), c'est-à-dire "patinable", pelotable (Ai 1910)

patte de crap's : (1871) contre épaulette (abolie en 1900, porté en 1909 par fantaisie)

paveur : (n. m.) fondeur (Ch 1869) ; étymologie : il prépare ses moules dans le sable à coup de fouloir ; ; mots dérivés :
paverie : (n. f.) atelier de fonderie (Ch 1869) ; synonyme : chine, fondance et lapinerie
pavante : (n. f.) travail du fondeur (Ch 1876)

pékin : (n. m.) quidam étranger à l'école (1903) ; mots dérivés :
pék's : (n. m.) non-gadzart (Ch 1910, Ai 1929)

pélican : (n. m.) (1) directeur de l'école (Ch 1866) ; étymologie : le directeur G. (dit "Papa") qui touche un forfait pour l'alimentation, parle en 1866 de ses privations, de ses "entrailles de père" ; mots dérivés :
pélo & pél's (Li 1921-30)
sous-pélic : (n. m.) sous-directeur (Ch 1910) ; (2) poulet (An 1909)

pente : (n. f.) descente de rang au classement ; "13ième, puis 15ième, j'avais piqué une pente" (An 1875)

perdreau : (n. m.) cours de mathématiques, professé par Monsieur Drot (An 1909)

perm : (n. f.) autorisation ; "perm de bûcher Cythère" donnée au conscrit par 7 cuscrits (An 1927)

perm's : (n. f.) sortie autorisée (1929)

perruque : (n. f.) travail qu'un ouvrier exécute pour soi, pendant son temps de présence à l'atelier, souvent même avec des matériaux détournés : "un outil fait en perruque" (An 1856) ; étymologie : en 1833, "faire le poil" ou "faire la queue à quelqu'un" signifie le gruger ; mots dérivés :
perruquer : (v. intr.) travailler pour soi en fraude (Pa 1930)

phéno : (adj.) phénoménal ; "cagib's phéno haut, engin phéno gazé, laïus phéno pondu" (Ai 1919) ; variante :
phénotrans' : (Ai 1929)

phénom's : (adj.) transcendant (An 1910)

j: "tangente j" (n. f.) décale, départ en perspective (Li 1925) [voir aussi tangente]

photo : (n. f.) vitre munie d'un volet à glissière, qui, de la boquette de l'adjudant, donne vue sur le dortoir ; "Vess à la photo!" (An 1888)

pierrot : (n. m.) èléve de 2ième année (Ai 1866-30)

pieut's : (n. m.) lit (Cl 1929) ; mots dérivés :
se dépieuter : (v. pr.) sortir du lit (An 1903)

pif : (n. m.) homme à grand nez (An 1875)

pigeoir : (n. m.) judas vitré (Ch 1869)

piler : (1) (v. tr.) fouler au pied ; "piler les arpions" (An 1875) ; "piler les zoignes" (Ch 1887, Ai 1910) ; (2) (v. intr.) courir, se hâter (An 1910)

pilage : (n. m.) & pilante (n. f.) : hâte (An 1910)

pim's : (n. m.) très faible quantité, poil ; "un pim's de pain" (An 1903) ; "le pim's est l'unité de "RE"" (An 1909) ; "poilsé au pim's" : parfait (An 1929)

pin's : (n. m.) haut d'amphithéâtre (An 1903) ; étymologie : de pinacle

pintance : (n. f.)  boisson (Li 1910) ; ‚ obligation pour qui a été reçu Nième, de boire le vin de ses 8 camarades de table, le Nième jour avant la décale (Ch 1910)

pionce : (n. f.) "grande pionce" : nuit prolongée d'une heure, le dimanche (Ch 1869) ; mots dérivés :
pionçoir : (n. m.) dortoir (1869)

pip's : (n. m. et f.) pipelet(te) (Ch 1891) [le lien qui s'est fait avec nos concierges actuels peut se comprendre sans explication]

piper : (v. tr.) (1) prendre sur le fait (An 1856) ; (2) comprendre, "piper un amphi" (Ch 1893) ; mots dérivés :
pipance : (n. f.) faculté de comprendre ; "la pipance a sa formule "pp" que le conscrit ne peut analyser" (Li 1925)

pipin : (n. m.) directeur de l'école (Cl 1910-34)

pip'zarts : (n. pr.) surnom de L. professeur de physique à Angers de 1875 à 1885, et qui fut aussi porté par beaucoup de ses successeurs ; étymologie : L. était polytechnicien, et aux Arts l'école polytechnique était appelée Pipo (1860)

piques-prunes : (n. m.) (Ch 1893) palier des combles, près du local des tailleurs, où l'on se donne rendez-vous pour les rixes ; "aller sur le piques-prunes" ; étymologie : à Paris vers 1830, ce terme désignait le raccommodeur de fond de culotte

pistoche : (n. f.) piscine pour la natation (Li & Pa 1929)

pistonner : (v. tr.) aidé par sympathie ; "conscrit, je te pistonne!" (Ai 1910)

planche (n. f) interrogation, "passer en planche", "une planche prolongée" (1929 ; mots dérivés :
plancher : (v. intr.) passer au tableau, être interrogé (1905) ;
planchage : (n. m.) interrogation (An 1910) ;
planchable : (adj.) qui passera en planche bientôt (Pa 1929)

plaquer : (v. tr.) "coller" à une interrogation (Ai 1910)

poche! : (interj.) (1) il y a de la casse! (An 1856) ; étymologie : il faut comprendre "ta poche paiera!" (sur les 40F de "masse de poche" déposé par la famille) ; (2) chambard organisé ; "petite poche" : chahut au dortoir ; "grande poche" : chahut à la Sainte Cécile (An 1903-14, désuet en 1929) ; étymologie : la grande poche ne va pas sans casse de matériel

A Poil! : (interj.) aux Arts, la loi des mises à poil est appliquée à qui entre dans un dortoir étranger (An 1920), ou lance une astuce médiocre (An 1928)

poilser : (v. tr.) parfaire, réussir (An 1928)

poileux : (adj.) qui porte à rire (Ch 1893)

polochons : (n. m.) oreiller ; "poualochon" (An 1914) ; mots dérivés :
polochonade : (n. f.) combat à coup de traversin (An 1910)

pomper : (v. tr.) imiter ; "pomper le sol" : se chauffer au soleil (An 1856)

pompier : (n. m.) élève le plus petit de la promotion (Ch 1891) ; étymologie : sa petitesse lui vaut la fonction de fournir du souffle, par le derrière, au cham's qui laïusse en public ; variante :
pomp's (Ch 1893) ; mots dérivés :
sous-pomp's (Li 1929) pomp's prime (que l'on écrit pomp's') (Ch 1932) : élève presque aussi petit que le pomp's

pondre : (v. tr.) fabriquer ; "pondre une pièce de métallurgie" (1930)

ponte : (n. f.) calembour neuf, "frais pondu" (Ai 1919)

les Populos : (n. pr.) l'un des trois dortoirs d'anciens (An 1903) ; aussi nommé Le Populo (An 1929) [voir aussi Les Aristos et Les Crèves-la-Faim]

porte-clés : (n. m.) membre de la B.N. qui garde les clés clandestines (An 1903)

potacolle (An 1849), potac (Ch 1893), potac's (An 1875), potacseur (Pa 1930) : (n. m.) modeleur en bois ; mots dérivés :
potacollerie (Ch 1869), potacolle (n. m.) (ch 1869, An 1875), potac's (An 1875-30, Li 1921, Cl 1930), potée (An 1875-30) : (n. f.) modèlerie ; synonyme : colle

poutre-à-c's : (n. f.) règle à calcul (An 1927, Ai 1928, Pa 1930) ; synonyme : calcasse

prof : (n. m.) le terme est antérieur à 1890, et il serait apparu aux Arts en 1893 ; prof's ,par contre, n'apparaît qu'en 1910 [et nulle part ailleurs]

promo : (n. f.) (1) existait à polytechnique en 1850, sinon Ai 1919, An 1924, Ch 1927, Pa 1930 ; par contre il existe le mot promoss (n. f.) promotion (Ch 1887, Cl 1891, An 1903, Li 1921, Pa 1929 ; (2) "pipe de promoss" : énorme pipe en bois achetée, par cotisation, que tous, en viscrit peuvent fumer (An 1903), puis pipe géante, usinée en potac's et qui reste la propriété du fourrier en estime (An 1930)

p's : (n. m.) (1) parent, "lettre aux p's" : admonestation communiquée à la famille ; (2) pied, "loufer des p's" : sentir des pieds ; (3) pieu, "bûche-au-p's" : étude poursuivie au lit ; (4) plante, "Ji-des-p's" : jardin des plantes (d'Angers) ; (5) pluie, "parap's" : parapluie ; (6) poil, "mise-à-p's" ; (7) poivre, "sel-et-p's" : salière ; (8) pou, "barbe-à-p's" : barbu [je proteste!!!] ; l'apparition de ses mots s'échelonne entre 1903 et 1930

pup's : (n. m.) pupitre (An 1856, Ch 1889), "levée de pup's" : manifestation bruyante pour conspuer quelqu'un, accompagnée de chants et de claquements rythmés (An 1903)

purgatoire : (n. m.) (Li 1909) audience où, le jour des Fignoss, 12 conscrits rouspèteurs se confessent à genoux devant 3 anciens, et sont "châtiés"

putrescible : (adj.) idiot, marécageux ; "Chers Archis! Vénérable Anciens! Respectables Pierrots! putrescibles conscrits!..." (Ai 1929) ; ; mots dérivés :
putride : (adj.) stupide, "conscrit putride !" (Ai 1919), "un motif putride" (An 1928)

 
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